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CE QUE 18 ANS DE COACHING BASKET M'ONT APPRIS SUR LA GESTION D'EQUIPE EN ENTREPRISE

  • 1 juin
  • 5 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 17 heures

1. Introduction

Si vous me suivez, vous savez que j’accompagne les entreprises dans leur stratégie RH et leur management. Mais avant d’être consultant, j’ai passé 18 ans comme entraineur sur les parquets : le basket a été mon premier laboratoire de relations humaines. Quelle relation entre le monde du sport et celui de l’entreprise vous demandez vous ? Et bien, une question que les chefs d’entreprise me pose parfois c’est : « Comment je fais pour que mes salariés conservent leur motivation et leur implication ? »

C’est là qu’il m’arrive de faire des ponts entre ces deux mondes. Je vais vous expliquer comment recréer un « esprit de club » dans votre entreprise pour booster votre performance collective, en m'appuyant sur les travaux de chercheurs comme Christian Sobry ou William Gasparini.

2. L'entreprise est un terrain de jeu : Groupe vs Équipe

On entend souvent dire que « le sport, c'est comme l'entreprise ». Mais scientifiquement, qu'est-ce que cela signifie ? Christian Sobry démontre dans ses recherches que le monde du travail a beaucoup emprunté au sport : notamment la culture du résultat. Mais il existe une confusion majeure chez beaucoup de dirigeants : la différence entre un groupe et une équipe. Dans de nombreuses structures, les collaborateurs travaillent côte à côte, mais sans réelle synergie. Au basket, un groupe d'individus, aussi brillants soient-ils, ne gagne jamais sans cohésion. Pour être efficace, vous devez distinguer deux piliers essentiels :

  • La cohésion sociale : C'est l'ambiance, le plaisir de travailler ensemble. C’est votre socle relationnel.

  • La cohésion opératoire : C’est la capacité technique à se coordonner pour atteindre l'objectif. On peut ne pas être les meilleurs amis du monde, mais être redoutablement efficaces ensemble sur le terrain.

Pour recréer un « esprit de club », vous n'avez pas besoin que tout le monde soit ami. D’ailleurs, chefs d’entreprise, vous n’avez pas besoin d’être ami avec les salariés de l’entreprise. Vous avez besoin que chacun comprenne que sa réussite individuelle passe par la réussite de l’organisation. C'est ce que Gasparini appelle la mobilisation des « compétences corporelles et sociales » au service de l'organisation. En TPE, votre avantage, c'est la proximité : cette capacité à créer un sentiment d'appartenance où chaque collaborateur se sent investi d'une mission qui dépasse sa simple fiche de poste.

3. Du Leader au Manager-Catalyseur

Sur un terrain de basket, le coach ne marque pas de paniers. Son efficacité dépend exclusivement de la réussite de ses joueurs. En entreprise, cette réalité s'impose aujourd'hui avec force. L’enquête Ipsos Lead 2024 révèle une mutation profonde : les salariés n'attendent plus un management au sens classique ; ce chef omniscient qui centralise le savoir et décide de tout seul. Au contraire, ils expriment un besoin croissant de rencontrer un « Manager-Catalyseur ».

Pourquoi ce terme de « Catalyseur » ? En chimie, un catalyseur accélère une réaction sans être lui-même consommé. Appliqué à votre quotidien de dirigeant, cela signifie que votre valeur ajoutée ne réside plus dans l'exécution, mais dans votre capacité à optimiser le talent des autres.

Pour répondre à cette attente, vous devez actionner trois leviers :

  • La clarté des rôles : Comme au basket, l'efficacité naît du placement. Votre mission est de définir précisément les zones d'excellence de chaque membre de l'équipe pour éliminer les frictions inutiles.

  • Le feedback en temps réel : Corriger la gestuelle de tir en basket se fait quotidiennement avec les pratiquants. Il en va de même avec la performance en entreprise. A vous d’être un manager de l'instant : procédez à des ajustements immédiats pour maintenir l'engagement des équipes.

  • La sécurité psychologique : Si un joueur craint la sanction à chaque tentative de tir, il finit par ne plus shooter. Avec les débutants et les enfants, c’est une vraie problématique qui peut amener à l’abandon de la discipline ! C’est à vous, en tant que chef d’entreprise, de garantir le droit à l'erreur. Ainsi, vous permettez à vos collaborateurs d'oser et d'innover. Tout comme je permettais à ces pratiquants de prendre confiance en eux en leur redonnant le ballon afin de tirer jusqu’à ce qu’ils réussissent !

Devenir catalyseur, c'est pour vous l'acceptation de ne plus être l'expert qui « fait », pour devenir celui qui « fait avec » puis celui qui « donne à faire ». Le manager n'est plus celui qui surveille, mais celui qui ajuste en temps réel afin que le collectif reste fluide.

4. Gérer les « joueurs » difficiles et la dynamique de groupe

Nous rencontrons parfois des collaborateur très performant, mais dont l'attitude peut peser sur le collectif. Or, on ne gagne pas un match en 1 contre 5 mais en 5 contre 5. Personne n'est plus grand que l’équipe. Avant de sanctionner, essayer de comprendre ce qui se joue. Quels sont les enjeux de chacune des parties présentes, y compris vous-même ! Voici quatre leviers qui devraient vous aider :

 

  • L'enquête : Au lieu de juger (« il est insupportable »), menez l'enquête. Pourquoi ce collaborateur s'écarte-t-il du collectif ? Est-ce un manque de reconnaissance ? Un besoin d'autonomie ? Utilisez l'empathie pour identifier le besoin réel derrière le comportement.

  • Le stade de l'équipe : Une tension n'est pas toujours le signe d'une personne difficile. Selon le modèle de Tuckman, toute équipe passe par une phase de Storming (confrontation). C'est une étape de croissance nécessaire. Votre rôle est d'aider le collectif à traverser cette crise pour atteindre la maturité.

  • Le levier de l'autonomie et du défi : Un collaborateur performant qui « détonne » peut être le signe d’un profil qui s'ennuie. En lui confiant une mission transverse ou un nouveau défi, vous transformez sa frustration en un moteur puissant.

  • Le Temps Mort : Sortez du cadre de la production. Écoutez le collaborateur en tête-à-tête, sans filtre. Parfois, la simple reconnaissance de sa vision suffit à le réaligner sur le projet du club.

L'objectif ici est clair : ramener chaque individualité au service du collectif pour renforcer durablement votre structure.

5. Conclusion

Le management est un sport de haut niveau. Il demande de l'entraînement, une vision claire et l'acceptation que votre réussite est le reflet de celle de vos collaborateurs. En appliquant ces principes (cohésion opératoire, posture de catalyseur et animation de groupe) vous construisez une organisation robuste et humaine. N’oubliez pas : on recrute des compétences, mais on manage des personnes.

Mon objectif avec cette vidéo est de vous proposer un autre regard sur votre quotidien de dirigeant. Pour clore cet échange, je vous propose un défi et une question :

  • Le défi : Demain, en arrivant dans votre structure, ne regardez pas vos indicateurs de performance en premier. Observez la dynamique de votre équipe. Identifiez si vos collaborateurs sont dans une phase de recherche de repères ou s'ils jouent déjà ensemble. C’est ce diagnostic visuel qui fera de vous un meilleur manager.

  • La question : Si vous deviez retenir un seul principe issu du sport pour transformer votre management dès demain, lequel choisiriez-vous ?

Dites-le-moi en commentaire. J'ai hâte de lire vos retours d'expérience et d'échanger avec vous sur ces ponts entre le terrain et l'entreprise.

6. Bibliographie

  • Gasparini, W., & Pichot, L. (dir.). (2011). Les compétences au travail : sport et corps à l’épreuve des organisations. Paris : L’Harmattan.

  • Ipsos Lead. (2024). Tendances RH 2024 : Le monde du travail deux ans après la fin de la pandémie. [Rapport de recherche].

  • Katzenbach, J. R., & Smith, D. K. (2015). The wisdom of teams: Creating the high-performance organization. Harvard Business Review Press.

  • Sobry, C. (dir.). (2010). Sport et travail. Paris : L’Harmattan.

  • Thrive Global. (2026). What’s the similarity between sport and business performance? Récupéré sur community.thriveglobal.com.E).

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